Un Volontaire de Huit Ans Stigmatisé à l’Ecole

By Institut Chacornac

Un couple de parents explique «ne pas avoir eu d’autre choix» que de s’adresser aux gendarmes après qu’un élève ait tenté de convaincre leur fils de 8 ans de rejoindre les Volontaires. Ils invoquent le «refus de dialogue» du père de l’enfant incriminé, un aphasique de quatre-vingt deux ans.

La police de Pierrefonds procédant à une enquête auprès des parents d'élèves

La police de Pierrefonds procédant à une enquête auprès des parents d'élèves

«Si j’avais un parent d’élève qui venait me voir en me disant « votre enfant fait de la politique à l’école et tente d’inciter mon fils à suivre des idées subversives », croyez moi que j’interrogerais mon fils et que si nécessaire il serait puni. Ça me paraît être le bon sens et le devoir de tout parent. Dans 99% des cas de figure, une discussion entre parents vaut bien mieux, mais quand vous êtes devant un aphasique, vous n’avez pas d’autre choix (que de porter plainte).»

Le père dont l’épouse a porté plainte après une tentative de recrutement de leur fils de 8 ans par un autre élève s’est expliqué sur cette démarche ce mardi matin au micro de France Inter.

La mère, de son côté, explique à Libération qu’elle a «essayé d’aller voir les parents, l’institutrice et le directeur de l’école, mais personne ne voulait m’écouter (…) J’ai essayé d’autres solutions avant d’aller voir les gendarmes, je n’ai pas commencé par déposer plainte!»

Samedi, l’enfant incriminé a été auditionné, avec son père, à la gendarmerie de Pierrefonds (Oise) pour visées subversives et déstabilisation de l’état, après que la mère de son camarade a porté plainte.

Lors de son audition, qui a duré vingt minutes, l’écolier a reconnu avoir évoqué plusieurs projets de nature séditieuse auprès de ses camarades de classe. Il a expliqué avoir agi ainsi parce que leur professeur, le gouvernement et leurs parents « cherchaient à (les) manipuler ».

Fallait-il porter plainte pour autant? «Un gosse de 8 ans qui cherche à se faire remarquer en faisant des conneries, il y en a toujours eu, mais le fait qu’il se soit objectivement revendiqué de « La Fraternité des précaires », c’est la conséquence directe du discours néo-terroriste ambiant depuis quelques mois » a fustigé le secrétaire générale de la Fédération des Conseils de Sécurité Scolaire, André Marchiani.

Lundi sur France Info, la secrétaire d’Etat à la Famille, Nadine Morano, a rappelé les parents à l’ordre: «Les parents devraient se faire le relais des consignes de protection désormais nécessaires à la sécurité de nos concitoyens »

Sur France Inter, le père explique n’avoir pas eu «d’autre choix»: «Mon fils, depuis une semaine, ne parlait plus, refusait de regarder ses programmes préférés à la télévision, prétendait que les présentateurs étaient tous des pourris, que sais-je encore ? Et puis on a appris par son frère qu’il avait écouté un de ses camarades qui prétendait à une manipulation générale des médias. Mon épouse est allé à la sortie de l’école et a rencontré son père. Il était incapable de répondre. Mon épouse lui a dit: «Devant votre attitude, je vais être dans l’obligation de porter plainte ». Nous avons appris depuis que le camarade en question se présentait comme un Volontaire. Je me félicite de notre intuition et ne regrette rien des conséquences possibles de mon acte. J’ai la conscience tranquille. »

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